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Tsunami 2004 : des monceaux de médicaments ont fini à la poubelle
Pourquoi a-t-on envoyé après le tsunami des tonnes de médicaments de marque en Asie du Sud-Est alors que
cette région du globe produit la majeure partie des génériques utilisés aujourd’hui dans les programmes humanitaires? Et pourquoi, malgré les recommandations de l’OMS et les avertissements répétés, des monceaux
de médicaments envoyés précipitamment étaient inutilisables? “Sur l’île de Kho Phi Phi, des centaines de cartons remplis de médicaments sont encore stockés dans trois pièces de l’hôpital, un an après le drame!, s’étonne Angelo,
président de Phi Phi Relève Toi, une ONG fondée après le tsunami. La Thaïlande n’avait pas réellement besoin de
médicaments. Non seulement parce que les victimes étaient surtout des blessés lourds ou des personnes qui avaient avalé
de l’eau, mais, surtout parce que la Thaïlande est dotée d’une pharmacopée suffisante pour couvrir ses besoins intérieurs.”
Le manque de communication, l’ignorance des petites associations, la précipitation due à la situation d’urgence
et la mobilisation irrationnelle de pays donateurs en cas de catastrophe pénalisent finalement les pays sinistrés.
A titre d’exemple, Pharmaciens sans frontières a réalisé une étude en décembre 2005 sur la province d’Aceh, en
Indonésie. Sur les 4000 tonnes de médicaments distribuées gracieusement, 60% n’étaient pas répertoriés sur la
liste nationale des médicaments essentiels, 70% notifés en langue étrangère, 25% avec une date d’expiration
inadéquate...Quant aux médicaments conformes à la situation, ils sont parvenus en quantité excessive. Coût de l’opération : 2,4 millions d’euros...pour détruire le premier package de 600 tonnes inutilisables.
Le Moniteur des pharmacies, n°2632 > cahier 1 >10 juin 2006
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