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Dons de médicaments

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Notre action : pourquoi ?
 
 
L’action de ReMeD en matière de dons de médicaments est née d’ une série de catastrophes humanitaires et pharmaceutiques.
Du tremblement de terre qui affecta l’Arménie en 1988 jusqu’au Tsunami de 2005 en Indonésie, des tonnes de médicaments non utilisés, pour la plupart périmés, inadaptés aux pathologies locales ou non identifiés ont été envoyées et détruites, car inutilisables, pour des sommes se chiffrant en millions de dollars.
L’envoi des MNU en situation d’urgence a été officiellement dénoncé la première fois en 1995 dans la Déclaration de Mostar.
En situation de non urgence, les mêmes procédés sont utilisés pour pallier au supposé manque de médicaments dans les pays en développement.
Or, la redistribution humanitaire des MNU est effectuée en dehors de tout cadre réglementaire. Ni leur qualité, ni leur traçabilité ne peuvent être garanties et ils ne correspondent pas nécessairement aux besoins et aux pathologies des pays destinataires et à la formation des personnels médicaux qui les utilisent.
 
Le constat sur le terrain en chiffres...
 
70% des médicaments reçus en Indonésie en 2004 libellés dans une langue inconnue des personnels de santé locaux
50% des médicaments reçus détruits au Kosovo en 1999
17 000 tonnes de médicaments inappropriés détruits en Bosnie-Herzégovine en 1992-96
34 millions de dollars : coût de l’opération
 
 
Le médicament n’est pas un produit banal.
 
Que ce soit en situation d’urgence ou pas, le médicament peut présenter des risques pour la santé des populations bénéficiaires lorsqu’il n’est pas utilisé dans de bonnes conditions.
En effet, malgré la bonne volonté des peronnes qui interviennent sur ce recyclage, cette pratique est fortement remise en question, à commencer par les acteurs des pays en développement eux-mêmes, comme l’a montré l’appel de M. Fodé Fofana, président de l’Inter Ordre des pharmaciens d’Afrique (IOPA), au ministre de la santé français le 7 décembre 2006 : “Tout en reconnaissant la bonne foi de la plupart de ces associations, nous faisons observer que ces médicaments [non utilisés] déjà difficilement gérables en Europe, causent beaucoup plus de problèmes en Afrique qu’ils n’en résolvent [...]”.
Ces dons de MNU, souvent inadaptés aux pathologies et aux besoins sanitaires locaux et inconnus des professionnels de santé, ne respectent pas les politiques pharmaceutiques locales et concurrencent les circuits locaux de distribution pharmaceutique.
En outre, ils sont susceptibles d’ alimenter un marché illicite de médicaments en pleine expansion en Afrique. Délivrés par des vendeurs souvent analphabètes, ces MNU constituent un véritable problème de santé publique et mettent en danger la santé, voire la vie, des populations des pays en développement.
 
Des médicaments sont aussi disponibles dans les pays en développement.
 
Depuis quelques années, de nombreux pays en développement ont défini une liste limitative de médicaments essentiels génériques.
Ces médicaments sont disponibles aujourd’hui dans les centrales d’achats en médicaments essentiels génériques des pays.
Les associations européennes peuvent également effectuer des achats de médicaments essentiels génériques adaptés à moindre coût dans les centrales européennes.
 
Depuis 10 ans, ReMeD s’engage.
 
En tant que carrefour de l’information dans le domaine du médicament et de la solidarité internationale, ReMeD se propose de poursuivre une action amorcée en 2001 avec une campagne européenne d’éducation du grand public sur le thème des dons de médicaments.
Cette campagne menée en partenariat avec Wemos (Pays-Bas), Difäm (Allemagne) et Prosalus (Espagne) avait été partiellement financée par l’Union Européenne.
Cette campagne avait pour objectifs une action de lobbying politique correspondant à la demande de l’administrateur européen de Mostar et une information à destination des associations et du grand public.
Depuis 2002 , ReMeD mène au niveau européen une campagne d’éducation sur les dons de médicaments via ce site, disponible en allemand, anglais, espagnol, français, italien, néerlandais et russe.
ReMeD poursuit des activités régulières de lobbying en France en faveur de l’arrêt de la collecte des MNU.
 
En France : un nouveau dispositif législatif
 
Le 25 janvier 2007, le Sénat français a voté l’arrêt de la collecte de MNU (article 32 de la loi n°2007-248 du 26 janvier 2007, portant diverses dispositions au droit communautaire dans le domaine du médicament), qui passait depuis 1993 par le dispositif Cyclamed et dont les méfaits ont été dénoncés par de nombreux organismes, tels que l’Ordre des pharmaciens, l’Académie de pharmacie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Haut comité pour les réfugiés (HCR), la Banque mondiale et de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) et exposés dans un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) de janvier 2005 : Enquête sur le dispositif de recyclage “Cyclamed” (rapport n°2005 001, janvier 2005, IGAS, 69 p.) .

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