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Accueil > Français > Plus d’infos > Pour ou contre!Soutenez la campagne PLUS D’INFOSPour ou contre l'envoi dans le Tiers-Monde de médicaments inutilisés? Au-delà des modalités de collecte, de tri, de partage des rôles et des responsabilités, il y a un débat de fond :
est-il vraiment pertinent d'envoyer nos médicaments non utilisés dans le Tiers Monde ?Adversaires et partisans développent leurs arguments. Nous en avons résumé ci-dessous quelques uns.
Arguments pour: "une aide immédiate en attendant mieux" Du fait de l'urgence des besoins et de la situation catastrophique des pays concernés, les médicaments peuvent
apporter une aide immédiate même lorsque les problèmes généraux de santé et de nutrition ne sont pas prêts d'être résolus.Il est ainsi possible, pour ceux qui cherchent à aider les pays en difficulté, d'effectuer un geste concret, même si
cela aide peu d'individus et pendant peu de temps.C'est le moyen de mobiliser des personnes de bonne volonté pour d'autres actions (de santé ou autre) susceptibles d'être efficaces à plus long terme.C'est l'incitation à une prise de conscience des phénomènes de gaspillage dans notre pays et à un meilleur
usage du médicament.Eviter certains écueils, grâce notamment à un choix judicieux des produits envoyés et des destinataires, est bien
entendu indispensable. Arguments contre : "des médicaments inadaptés et inutilisables" Les envois correspondent fréquemment à des médicaments inadaptés, en quantités incompatibles avec les
durées de traitement, inutilisables en fonction du climat, des pathologies locales, de l'impossibilité pour le pays receveur de déchiffrer les notices. Le risque de détournement des médicaments est important par une frange privilégiée de la population, par du
personnel non formé à leur utilisation, par un marché parallèle.Il s'agit souvent d'une publicité indirecte pour des spécialités inadaptées, on crée ainsi de faux besoins alors que des médicaments moins sophistiqués,
notamment au niveau du conditionnement seraient beaucoup plus utiles.On risque de court-circuiter tout processus local de mobilisation visant à assurer un approvisionnement ou une
production régulière de médicaments. On risque aussi de perturber les systèmes parfois fragiles de gestion, de distribution et de planification sanitaire mis en place dans certains pays receveurs.
En définitive, l'envoi est inefficace à long terme en l'absence d'un soutien multiforme à une dynamique plus
globale : développement technologique, réglementation de contrôle, formation des professionnels, information critique sur le médicament et ses limites, etc..La Revue Prescrire - Mars 1987 (Tome 7, n0 65, p. 157. |