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Dons de médicaments

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Repensons les dons de médicaments!
Par Jeanne Maritoux
Developpement et Sante, n°147, juin 2000
 
Depuis plusieurs décennies, les penuries de médicaments et l'insuffisance des moyens financiers, notamment en Afrique, conduisent les professionnels de santé à faire appel à leurs familles expatriees, a leurs amis et aux organismes caritatifs nombreux en France, pour soigner leurs malades.

De nombreux soignants recoivent des colis de medicaments disparates, provenant de collectes réalisees dans les pharmacies auprés du public. Les donateurs sont alors remerciés, conformement à la tradition, meme quand les produits recus correspondent peu aux véritables besoins.Ces remeciements encouragent à continuer à ‘porter secours’ sur un mode de plus en plus contesté.

Pour améliorer la qualité des dons, l'Organisation mondiale de la santé a publie des ‘principes directeurs’ qui ont été élaborés avec le concours des principales organisations internationales, témoins des multiples problemes posés par des dons inadequats. Ces principes s'adressent non seulement aux donateurs, mais aussi aux bénéficiaires.

Plusieurs associations eruopéennes collaborent à la diffusion et à la mise en oeuvre de ces principes directeurs. Elles insistent sur les effets négatifs des dons de ‘médicaments non utilisés’ dans l'aide au développement, moins visibles et moins mediatisés que seux qui sont denonces dans les dituations d’urgence. Ces dons interferent trop souvent avec la mise en oeuvre de strategies quie visent a ameliorer les soins de sante par un plus large acces a des medicaments essentiels et par une formation a leur bon usage.

Lors d’un colloque s’est tenu récemment a Paris*, plusieurs medecins et pharmaciens africains sont venus témoigner des problemes causés dans leur pratique quotidienne par les médicaments récupérés dans les pharmacies francaises. De multiples specialites viennent concurrencer les medicaments generiques des centres de sante. Ceci a pour effet de destabiliser la gestion dans les centres de sante et perturbe la mise en application de traitements normalises. Lorsque ces specialites sont distribuees a l’exterieur des centres de sante par des vendeurs non formes, elles correspondent peu aux prescriptions, ou sont delivrees sans prescription, au risque d’etre dangereuses ou inutiles.

Dans le meme colloque, ces medicins et pharmaciens ont expose les mesures que tentent de prendre les autorites de leurs pays pour que les dons de medicaments entrent dans le cadre de leur politique sanitair: interdiction d’importer des “medicaments non utiliser” et des echantillos medicaux, des specialites non enregistrees dans le pays: (limitation des dons a des medicaments specifiquement demandes et faisant parties des listes nationales definies par niveaux de soins).

Pour que ces mesures puissent etre suivies, il est indispensable que les professionels de sante apportent leur collaboration. Il convient d’exprimer les demandes en se referant aux listes en vigueur, en designant les medicaments par leur denomination commune internationale (DCI), en indiquant les quantites requises et les priorites sanitaires. Il est egalement necessaire d’infomer d’une part sur les procedures administratives mises en place dans le pays demandeur pour tout importation de medicaments, et d’autre part sur la liste de medicaments generiques disponibles officiellement sur place et sur leur prix de vente.

Les envois de medicaments inopportuns resultent le plus souvent d’un manque d’information sur les veritables besoins. Il appartient aux professionels de sante concernes de mieux eclairer leurs partenaires, qui pourront ainsi leur apporter une aide plus efficace.

*Pour ameliorer la qualite des dons de medicaments- colloque realise le 1er mars dernier a l’initiative de l’association PIMED.

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